Tijdschrift 2011

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Tijdschrift 2011
België - Belgique
P.B.
2600 Berchem 1-2
BC 9943
INSTITUUT VOOR AMERIKANISTIEK VZW.
TIJDSCHRIFT
Driemaandelijks tijdschrift
Afgiftekantoor 2600 Berchem 1
P4A 8008
2011 - Nr. 4
oktober - november - december
http://ww.amerikanistiek.org
INHOUD
***
“LES ANIMAUXCOMPAGNONS CHEZ
LES MAYAS DE
L’ÉPOQUE
CLASSIQUE”
Sebastián Matteo
Blz. 2 - 13
***
UIT HET NIEUWS
Multi-etnische
samenleving in de
‘Stad van de Goden’
bevestigd
Julia Montoya
Blz. 15 - 18
***
Aankondigingen
Blz. 19
***
Programma 2012
voorjaar
Blz. 20
***
Lidgeld 2012
Blz. 20
Polychrome vaas. Maya cultuur, klassieke periode. Verzameling
Museo Popol Vuh, Guatemala.
Foto S. Matteo
Secretariaat: Rita Lammertyn
Verantw. uitgever: Julia Montoya. Provincialebaan 25, 9255 Buggenhout, België. Tel.: 052/33.63.09
[email protected]
TIJDSCHRIFT - Nr 4 - 2011
“LES ANIMAUX-COMPAGNONS CHEZ LES MAYAS
DE L’ÉPOQUE CLASSIQUE”
SEBASTIÁN MATTEO
SAMENVATTING
Het nagualisme is een godsdienstig verschijnsel dat
bij talrijke bevolkingsgroepen in Mesoamerika
voorkomt o.a. bij de Maya. Dit verschijnsel uit zich
door het geloof in het bestaan van een dubbel, onder
de vorm van een dier, verbonden aan een mens van
bij de geboorte. Deze binding die de mens heeft met
zijn nagual (dubbel dier) manifesteert zich in
verschillende aspecten: het karakter, de
maatschappelijke stand, en de gezondheidstoestand
tot zelfs in de dood. Dit artikel wil een beeld van dit
fenomeen brengen bij de Maya van de klassieke
periode (250- 900 n.Chr.) met de hulp van de
beschilderingen op de polychrome keramiek die
toebehoorde aan de elite. De antropologische bronnen
werden eveneens geraadpleegd, teneinde een
bijkomende toelichting te brengen over het oude
geloof van de Maya.
RESUMEN
El nagualismo es un fenómeno religioso conocido
entre muchos grupos de Mesoamérica,
especialmente entre los mayas. Este fenómeno se
manifiesta en la creencia de que el ser humano tiene
un doble en forma de animal, al cual está ligado desde
su nacimiento. Los vínculos entre el ser humano y
su nagual (doble animal) se materializan en varios
aspectos como el carácter, la posición social y la salud
y continúan hasta su muerte. Este artículo presenta
un esbozo de este fenómeno entre los mayas del
período clásico (250-900 d.C.), a través de las
imágenes de los objetos de cerámica policroma que
pertenecían a la élite y las fuentes antropológicas,
las cuales arrojan una luz adicional sobre las antiguas
creencias mayas.
SUMMARY
The nagualism is a religious phenomenon among many
groups in Mesoamerica, including the Maya. This
phenomenon manifests itself in a belief in the
existence of a double, frequently an animal, bound to
a human being from its birth. The relationship between
humans and their nagual (double animal) materialize
under various aspects: the character, social position
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and health, that continues to their death. This article
proposes a portrait of this phenomenon among the
Maya during the classic period (250-900 AD) through
the paintings on polychrome ceramics that belonged
to the elite. The anthropological sources will also be
used to provide additional light on the ancient Maya
beliefs.
RÉSUMÉ
Le nagualisme est un phénomène religieux connu de
très nombreux groupes de Mésoamérique, notamment
des Mayas. Ce phénomène se manifeste par une
croyance en l’existence d’un double animal, lié a l’être
humain depuis sa naissance. Les liens
qu’entretiennent l’humain et le nagual (double
animal) se matérialisent sous divers aspects: le
caractère, la position sociale, la santé se poursuit
jusque dans la mort même. Notre article propose de
dresser un portrait de ce phénomène chez les Mayas
durant l’époque classique (250-900 apr. J.C.) à
travers les peintures figurant sur les céramiques
polychromes ayant appartenu à l’élite. Les sources
anthropologiques seront également utilisées, afin
d’offrir un éclairage complémentaire sur les anciennes
croyances mayas.
ZUSAMMENFASSUNG
Der Nagualismus ist ein religiöses Phänomen,
welches bei sehr zahlreichen Ethnien in
Mesoamerika, insbesondere bei den Mayas, bekannt
ist. Dieses Phänomen manifestiert sich im Glauben
an ein Tier, das als als Doppel an jeden Menschen
seit seiner Geburt gebunden ist. Die Verbindung des
Menschen mit seinem Nagual (Tierdoppel) äussert
sich unter verschiedenen Aspekten : Charakter,
sozialer Stellung, Gesundheit bis zum Tod. Unser
Artikel möchte ein Bild dieses Phänomens bei den
Mayas der klassischen Periode (250-900 n.Chr.)
skizzieren, u.zw. anhand der Abbildungen auf den
polychromen Keramikgefässen der Mayaelite. Auch
die anthropologischen Quellen werden genutzt, um
die alten Glaubensvorstellungen der Mayas noch
zusätzlich zu beleuchten.
TIJDSCHRIFT - Nr 4 - 2011
“LES ANIMAUXCOMPAGNONS CHEZ
LES MAYAS DE
L’ÉPOQUE CLASSIQUE”
*Sebastián Matteo is Licenciaat
in de Archeologie en de
Kunstgeschiedenis van de nietEuropese Beschavingen aan de
ULB, en gediplomeerd in de
Maya-epigrafie. Hij is lid van de
Société des Américanistes de
Belgique en van de European
Association of Mayanists,
WAYEB.
Hij heeft verschillende workshops in Maya-schrift gegeven
tijdens de Maya conferencies
georganiseerd door WAYEB.
SEBASTIÁN MATTEO *
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TIJDSCHRIFT - Nr 4- 2011
Introduction
Le nagualisme est un phénomène religieux connu de très nombreux groupes de Mésoamérique, où il
apparaît de diverses manières. Considéré en l’essence comme étant un rapport particulier entre un humain
et une autre entité, la plupart du temps animale, cette conception religieuse fascine depuis longtemps
l’esprit occidental. En conséquence de nombreux ouvrages ‘new-age’ y consacrent une grande partie,
voire la totalité de leur contenu (cf. par exemple Harmer 2007). Bien que proposant une approche totalement
différente de ce concept parce que raisonnée, nous pensons que le nagualisme mérite que l’on s’y attarde,
et qu’on le définisse avec plus d’exactitude et de ponctualité. C’est ce que ce court article se propose
donc de faire, concernant les Mayas de l’époque classique (250 – 900 apr. J.-C.).
Fig. 1. Vase K1211, région du Petén, Guatemala (dessin de Michael D. Coe)
Définition générale
Nombre d’ouvrages et d’articles sur le thème du nagualisme commencent par un nécessaire prélude de
précautions, insistant sur le fait que ce phénomène religieux se distingue par deux aspects contradictoires:
s’il est très aisé d’observer ce phénomène dans la majorité des groupes mayas et d’en donner une succincte
définition, il est très malaisé d’en proposer une définition claire, complète et logique, et ce parfois au sein
d’une même communauté villageoise (cf. Pitarch Ramon 1996, Page Pliego 2007). Ayant travaillé sur le
sujet à plusieurs reprises (Matteo 2005a, 2005b, Matteo & Rodriguez 2009, Luin & Matteo 2010) nous
proposons ici de donner une définition générale et passe-partout, qui si elle ne respecte pas vraiment la
réalité de terrain, propose néanmoins au lecteur de donner quelques clefs de compréhension afin d’envisager
une étude plus complexe.
Le nagualisme se traduit, comme nous l’avons fait remarquer, par un lien particulier unissant deux êtres
vivants. Dans la pensée maya, tout objet est potentiellement vivant, et doté d’un esprit, d’une âme. Cette
âme est partagée par plusieurs êtres, si bien que si l’un des êtres vient à mourir, l’ autre mourra aussi. Dans
le cas qui nous concerne, l’âme connecte un être humain et un animal. C’est cet animal qui porte le nom de
nagual et a fait couler tant d’encre. Le terme nagual (nahual, nahualli) vient du Nahuatl, la langue des
Aztèques, où il a été identifié en premier lieu par les conquistadors (cf. Sahagun, livre 10, chapitre 9, 1988:
578-9). Chez les Mayas, cette entité peut être nommée d’après plusieurs termes, selon la langue d’un
groupe, mais aussi au sein même de celui-ci. On trouve en fait nombre de synonymes, parfois mal choisis,
dans la littérature spécialisée et de vulgarisation: animal compagnon, esprit compagnon, nagual, totem,
esprit protecteur, alter ego, co-essence, ange-gardien... etc. A l’époque classique, le terme employé était
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way. Ce terme signifie également « dormir », et par extension « chambre ». Si l’on sait que c’est par
l’intermédiaire des rêves qu’un humain peut connaître son nagual, l’observer, ou vivre la vie de celui-ci,
les autres sens du terme way deviennent logiques et cohérents.
Données ethnographiques
Puisque les textes et les œuvres d’art de l’époque classique ne nous apprennent que très peu sur le sujet,
il nous faut nous tourner vers l’ethnographie afin d’en apprendre plus, pour voir ensuite dans quelle mesure
l’on peut trouver des parallèles entre les données actuelles et l’imagerie et les textes précolombiens. Les
croyances actuelles mayas – il existe encore presque une trentaine de langues mayas parlées aujourd’hui –
montrent encore, de manière inégale, de nombreux éléments liés au nagualisme. Leur étude est primordiale
si l’on désire reconstituer un tant soit peu la nature de ce phénomène à l’époque classique.
Les données les plus pertinentes et complètes proviennent du Chiapas mexicain où vivent entre autres les
Tzotzils et les Tzeltals, deux groupes mayas aux nombreux représentants actuels (cf. Holland 1961, 1964,
Page Pliego 2007, Pitarch Ramón 1996, Villa Rojas 1990, Vogt 1965, 1993). Selon ceux-ci le nagual est
appelé wayijel ou chanul. Le nagual, relié à l’être humain par la ch’ulel (« ~âme »), vit dans une montagne
qui représente le village où vit le propriétaire du nagual. Cette montagne correspond tant et si bien au
village qu’elle contient touts les naguals des villageois, les animaux vivant selon la même hiérarchie que
celle que l’on trouve dans le village. Si un animal s’enfuit de la montagne, souvent à cause de la mauvaise
conduite de son propriétaire humain, ce dernier peut tomber malade. L’homme devra donc recourir aux
services d’un sorcier afin que son animal compagnon réintègre la montagne-village. Nous soulignons
cependant que ce n’est pas la seule raison pour expliquer la maladie. Un autre point intéressant est que
l’animal donnera au propriétaire ses caractéristiques comportementales et sa puissance. De la sorte, si
quelqu’un possède une poule comme animal compagnon, il sera quelqu’un faible et couard, alors que le
propriétaire d’un jaguar sera considéré comme quelqu’un de fort, puissant, et ayant des caractéristiques
de meneur. Ainsi, un animal définit la position sociale d’un individu. De la sorte, chefs et sorciers possèdent
des naguals puissants, les sorciers pouvant contrôler leur animal-compagnon ou même se transformer en
celui-ci (Holland 1964: 303).
Fig. 2. Vase K3120 retrouvé à Altar de Sacrificios, mais réalisé à Motul de San José
(dessin de John Montgomery).
Exemples de l’époque classique
Le nagualisme dans la société classique maya ne fut découvert qu’à la fin des années quatre-vingt, et ce
grâce à l’épigraphie. Ce sont des Américains, David Stuart et Stephen Houston, qui publièrent les premiers
un article apportant preuves hiéroglyphiques, linguistiques, et ethnographiques de l’existence de ce
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phénomène à l’époque classique (Houston & Stuart 1989). L’allemand Nikolai Grube, au même moment,
arrivait à des conclusions identiques (Freidel et al. 1993: 442n33). Cependant, sa propre découverte
devait rester non publiée du fait de la simultanéité de ce déchiffrement par le tandem américain. Ce que ces
trois épigraphistes ont observé, c’est qu’il existe un type caractéristique de scènes représentées sur la
céramique, montrant des animaux fantastiques en procession, et comportant un même type d’inscription
hiéroglyphique (figures 1, 2, 3, 4, 5). Ces animaux, à l’apparence à la fois monstrueuse et familière, sont en
effet souvent accompagnés, nommés par une courte inscription hiéroglyphique montrant toujours la même
structure. On y trouve, dans l’ordre, les trois informations suivantes:
1- le nom du way, composé souvent du nom d’un animal (ou de plusieurs mélangés en un être unique)
parfois caractérisé par un élément particulier, à savoir un adjectif, une action propre. Quelques exemples
de noms: K’ahk’ uti’il Suutz (« De feu est la bouche de la chauve-souris »), Tilal Hix (« Jaguar Tapir »),
Yu’ch Maax (« Singe pouilleux »), ...etc (cf. Grube & Nahm 1994, Sheseña 2010).
2- le glyphe pour way. Ce signe hiéroglyphique, essentiel à l’identification des animaux alter egos, représente
une tête humaine, à moitié recouverte d’une peau de jaguar. Il illustre parfaitement la nature ambivalente de
l’être humain, soulignant le pont qu’il existe entre les deux règnes occidentaux d’animal et d’humain, ici
relié dans la pensée maya par l’existence d’une âme commune entre deux entités, pour nous distinctes. Ce
glyphe est précédé du pronom personnel de la troisième personne du singulier, u, « son » (u way, son alter
ego).
3- le propriétaire du way. Les signes qui ferment la clause correspondent au propriétaire du way.
Malheureusement, le nom de celui-ci n’apparaît jamais. On y trouve plutôt des titres de noblesses anonymes
comme ceux d’ajaw (« seigneur, gouvernant »), baah tuun (« première pierre? »). Ce qui est intéressant
par contre, c’est que dans ces titres figurent des « glyphes emblèmes ». Ces derniers sont des signes
hiéroglyphiques qui nous donnent des noms de villes et lieux dits, associés aux individus qui les peuplaient.
Les glyphes emblèmes nous permettent donc de situer, si c’est possible, l’origine des céramiques qui sont
pour la plupart originaires des activités de pillage. Ils constituent donc un outil irremplaçable dans l’étude
du nagualisme et de son fonctionnement dans la société de l’époque classique. Voici quelques exemples de
ce type de phrase:
Fig. 3. Déroulé du vase K1259 (photographie de Justin Kerr)
I
6
K’AK’-ne-la tz’u-tz’i u-WAY-ya K’UH-MUT-la-AJAW ba-TUN (figure 3)
k’a[h]k’ ne’l tz’utz’i[h] u way k’uh[ul] mut[u’]l ajaw baah tuun
« De-feu-est-la-queue-du-coati est le way du roi divin de Tikal, Première pierre »
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Fig. 4. Déroulé du vase K2010 (photographie de Justin Kerr)
II
XUKUB-chi ma-xi u-WAY-ya ?-AJAW ba-TUN (figure 4)
xukub chi[h] maax u way ? Ajaw baah tuun
« Singe-araignée-aux-bois-de-cerf est le way du seigneur de ?, première pierre »
Iconographie des wayob
Les représentations de ces wayo’b (pluriel de way) montrent des points communs qui rendent l’identification
d’images sans inscription hiéroglyphique associée plus aisée (cf. Matteo 2005a, 2005b, Matteo & Rodriguez
2009):
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•
•
•
•
•
•
Le foulard rouge- Une grande partie des représentations de ces animaux alter egos portent un
épais foulard rouge sur les épaules. La nature et la fonction de cette « écharpe » reste pour l’instant
inconnue. Il est cependant très intéressant de mentionner qu’à l’époque actuelle, on attache un
tissu rouge au cou des animaux sauvages que l’on désire domestiquer (Ivanoff 1973).
Le collier- Un autre élément apparaissant au cou des wayob est un collier décoré d’yeux exorbités,
ou muni d’un pendentif consistant en un vase retourné, marqué d’un signe mortifère (%) ou du
signe de l’obscurité (ak’ab). A nouveau, la nature et la fonction de ce collier restent floues, bien
que le lien avec la maladie, la mort et l’inframonde soit clair.
Le serpent enroulé autour du cou- Une ultime variante du collier porté par les alter egos est un
serpent enroulé autour du cou.
Les bracelets à pois- Un ornement caractéristique, qui ne semble être porté que par les alter
egos anthropomorphes, consiste en de larges bracelets blancs, marqués de points rouges ou oranges.
Marques corporelles- Les corps de ces alter egos est parfois marqué de divers signes les associant
à la mort, dont des signes en forme de pourcentage (%), propres aux êtres mortifères.
Éléments végétaux- En plus des marques corporelles associées à la mort et à la maladie, les
wayob présentent souvent sur leur tête ou épaules des éléments végétaux, dont la signification
reste inconnue.
Queue enflammée- Bon nombre d’alter egos zoomorphes possèdent une queue terminé par des
flammes.
bol d’offrandes sacrificielles- Un dernier élément diagnostique consiste en un bol, présenté par
l’alter ego, et contenant des restes humains (oeil, main, os...). Des fouilles archéologiques ont mis
à jour de telles types d’offrandes contenues dans des plats similaires, et retrouvés dans des caches.
Ces plats servaient donc d’offrandes lors de rituels, sans doute liés à des rites de fondation
architecturale ou de rites associés au lignage et aux ancêtres. On sait qu’au Yucatan, les wayo’b
sont censés se nourrir d’âmes, et que ceux-ci les préparent « comme nous: ils mettent l’âme
dans une grande céramique et la cuisent bien, lui donnant saveur avec un peu de sel » (Villa
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Rojas 1990: 614). Il est a noter qu’il semble aussi exister un lien entre les wayo’b et la
consommation, toujours d’ordre rituel, d’alcool. Il existe de fait nombre de représentations d’alter
egos accompagnées d’ustensiles réservés à la consommation de pulque (alcool d’agave): vasques
récipients et « clystères ».
Fig. 5. Divers alter egos, Naahb Hix, Jatz’ Akan, Jatz’ Ek’ Hix (dessins de Marc Zender et David Stuart)
Tentatives d’application des données ethnographiques
Nous allons maintenant voir comment les scènes peintes sur les vases de l’époque classique peuvent être
interprétées à la lumière des données ethnographiques, et, à rebours, ce qui peut être reconstruit, ou
supposé, de la pensée précolombienne.
Comme nous l’avons vu plus haut, les alter egos, s’ils peuvent être de nature très diverse, restent le plus
souvent de type animal. Ce phénomène est donc similaire à celui observé dans les communautés actuelles,
où un terme très proche ou identique de celui de l’époque classique - way - est parfois toujours employé
(wayijel, way) pour nommer ces créatures. Les autres formes de naguals, tels les éclairs ou autres
phénomènes météorologiques trouvent pour le moment une unique incarnation dans un exemple provenant
d’une céramique conservée au Museo del Popol Vuh (Ciudad de Guatemala). Sur cette céramique où
sont représentés divers wayo’b, on trouve la représentation d’une tornade, symbolisée par un signe pour
ciel (chan) entouré de quatre signes représentant le vent (ik’) (Houston 2006). Les « naguals phénomènes
météorologiques » observés dans la littérature ethnographique trouvent donc un écho à l’époque classique.
La connexion entre le sommeil et les naguals est également un élément assez récurrent dans les croyances
de certains groupes actuels du Mexique et du Guatemala. En effet, la racine way signifie selon les groupe
linguistique « dormir, sommeil, lit... » A l’époque des hiéroglyphes, la racine way présente aussi ce sens de
dormir puisqu’on le retrouve dans des terme comme wayal ou waybil (« chambre, dortoir »).
Nous avons vu auparavant l’importance de la montagne en ce qui concerne le nagualisme chez les Tzotzils
et Tzeltals. Il existe d’autres groupes mayas, voire mésoaméricains, qui montrent cette relation. Si le lien
entre les alter egos et la montagne ne peut pas être démontré à l’époque classique, on pourra cependant
souligner l’importance capitale de l’idée de montagne ancestrale durant les temps précolombiens. La
montagne, point d’attention de la communauté, se retrouve dans le concept de pyramide, qui est en fait
une montagne artificielle créée au milieu d’une ville. En effet, il a été maintenant démontré de manière
satisfaisante que la pyramide symbolisait une montagne ancestrale, attention de tout les rites importants, et
tombe des rois, illustres descendants des ancêtres fondateurs (Boot 2004)
Un autre point de comparaison entre les époques pré et postcoloniale est que le nagual peut être utilisé et
instrumentalisé par quelques individus dotés de capacités particulières: les sorciers. Ces derniers sont
normalement les seuls personnes capables de contrôler leur alter egos, et ce souvent à des fins néfastes.
Les naguals peuvent être utilisés pour lancer sortilèges et maléfices, qui se matérialisent le plus souvent
sous la forme de maladies. Les différents mots pour « sorcier » sont de fait parfois construits sur la racine
way: h-way/ah-way (Yucatèque, Roys 1967), swayohel (Tzeltal, Nash 1975: 153). Un autre sens de la
racine way est par extension celui de « sorcellerie, sortilège », sens que l’on trouve par exemple en Itza: u
waayil a’ winikej, « la sorcellerie d’un homme » (Hofling & Tesucun 2000: 627). Le lien entre les alter
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egos et la maladie, et donc la propension de ces naguals à nuire, n’a été mise en évidence qu’assez
récemment (Stuart 2005, Helmke & Nielsen s.p.). Il est donc probable que les wayo’b peints sur céramique
aient été autant de sortilèges ou armes possédées par des hommes puissants, et sans doute pas exclusivement
par les chamanes comme nous allons le voir.
Peu nombreux, mais néanmoins d’une importance capitale, sont les mentions postcoloniales d’utilisation
de naguals par leur propriétaire dans l’exercice de la guerre. Il existe en effet quelques récits narrant les
exploits de capitaines de guerre faisant usage de leur alter egos lors de combats, et ce même contre les
Espagnols. Selon Edward Calnek (1988: 56), certains capitaines de guerre étaient choisis selon la force et
le nombre de naguals qu’ils possédaient (parfois jusqu’à treize). Il est intéressant de noter que selon
certains récits autochtones, le conquistador espagnol Pedro de Alvarado possédait une colombe comme
alter ego. Cette colombe tua en plein vol le nagual du chef de ses adversaires, le chef kiché Tecun Uman,
qui lui, possédait comme animal compagnon un quetzal (Vallejo Reyna 2001: 148-9), oiseau qui est le
symbole actuel du Guatemala. Nous sommes donc dans le droit de nous demander si la nagual-colombe
de Pedro de Alvarado ne trouverait pas son origine dans l’une des manifestations du Saint-Esprit, sa forme
animale ayant été interprétée par les Mayas kichés comme étant un alter ego chrétien. A l’époque classique,
si l’utilisation guerrière d’un way n’est pas avérée, il est tentant d’envisager cette approche, pour l’instant
absente des recherches précédentes.
Conclusions
Nous avons pu voir au cours de cette brève note les rapports étroits entre divers champs d’investigation,
et comment ils s’appuient les uns sur les autres dans un enrichissement mutuel. La science épigraphique ne
serait en effet rien sans les apports constants de l’ethnographie, de l’histoire et de la linguistique. Les zones
d’ombre quant à la compréhension du nagualisme à l’époque classique restent cependant nombreuses.
Ainsi reste-t-il encore de nombreuses questions que seules des recherches supplémentaires couplées à de
nouvelles découvertes viendront combler peu à peu. C’est du moins là un pronostic que nous souhaiterions
voir s’accomplir.
Petite liste de vases
Voici une petite liste de céramiques figurant des wayo’b que le lecteur intéressé pourra trouver sur internet.
Il existe une base de donnée gratuite, mise à disposition par le photographe américain Justin Kerr, sur
laquelle vous pourrez trouver ces céramiques, désignées par un numéro d’archive propre à chaque vase.
Pour ce faire, vous devez remplir la case « Kerr number » d’un des numéros mentionnés ci après. L’adresse
du site internet est http://research.mayavase.com/kerrmaya.html Quelques céramiques: K0531,
K0771, K0791, K0792, K0793, K0927, K0998, K1001, K1080, K1152, K1181, K1203, K1211,
K1228, K1230, K1231, K1253, K1256, K1259, K1376, K1379, K1389, K1442, K1646, K1652,
K1653, K1743, K1901, K2010, K2023, K2041, K2284, K2286...
Vase K2284
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Vase K0791
Vase K0531
Vase K1001
Vase K0927
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Vase K1181
Vase K1228
Vase K1230
Vase K1231
Vase K1376
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TIJDSCHRIFT - Nr 4 - 2011
UIT HET NIEUWS
MULTI-ETNISCHE SAMENLEVING IN
DE ‘STAD VAN DE GODEN’ BEVESTIGD
“De wijk van Teopancazco, ten zuidoosten van de oude stad Teotihuacan, de Stad van de Goden,
werd ook door mensen afkomstig van de kust van de Golf van Mexico bewoond.”
Fig. 1. Gezichtsveld van Teotihuacan vanuit de Pirámide de la Luna. Foto: M.A. Pacheco
Uit: Arqueología Mexicana XI (64):81
Dit verklaarde de archeologe Linda Manzanilla, van het Instituto de Investigaciones Antropológicas van
de UNAM, tijdens haar presentatie in de 5a Mesa Redonda, georganiseerd door het Instituto Nacional de
Antropología e Historia (INAH-Conaculta). Dit academisch forum werd afgesloten met de uitreiking van
de Prijs van Teotihuacan aan de onderzoekers die, onder haar leiding, aan het project “Teotihuacan, elite
en bestuur. opgravingen bij Xalla en Teopancazco” deelnamen. Zij beklemtoonde dat het onderzoek
op een inter-institutionele basis plaatsvond, met deelname van specialisten van de instituten voor Geologie,
Geofysica en Fysica van de UNAM, van het INAH, van het Centrum voor het Onderzoek en Geavanceerde
Studies, Irapuato, en van het Nationaal Polytechnisch Instituut.
Teotihuacan was, zowel qua omvang als door haar graad van stadsplanning en ontwikkeling, een belangrijke
stad in de Nieuwe Wereld. Zij bloeide tussen de 2de en de 6de eeuw n. Chr. in het noordoosten van het
bekken van de Anáhuac, in het centrum van Mexico. Omwille van haar rijkdommen, was deze stad een
complex strategisch centrum waar verschillende sectoren van de samenleving - ambachtslieden en
bureaucraten- uit diverse etnische groepen vertegenwoordigd waren (Fig. 1).
Teopancaxco of Teopancazco is een toponiem (plaatsnaam) en betekent, in het Nahuatl, “huis van een
wijk” of “in het huis van de pottenbakker”. Het is de naam die toegewezen werd aan de overblijfselen van
een architectonisch complex gelegen in het zuidoosten van de stad Teotihuacan, dat op zijn beurt deel
uitmaakt van de archeologische zone die, in 1987, door UNESCO als Werelderfgoed uitgeroepen werd.
Teopancazco was het eerste woningcomplex dat in Teotihuacan onderzocht werd. Het heeft een vierhoekige
vorm van ongeveer 60 op 60 m. De verschillende soorten archeologisch materiaal die hier gevonden
werden, duiden op een relatief welvarende levensstijl. Op basis hiervan kan men concluderen dat dit
complex door de hogere middenklasse van de maatschappij bewoond werd (Fig . 2).
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TIJDSCHRIFT - Nr 4 - 2011
Fig. 2. Kaart van Teotihuacan en de locatie van Teopancazco.
Uit: Arqueología Mexicana, Edición especial (28):79
De archeologische overblijfselen tonen aan dat Teopancazco zich ontwikkelde in de overgangsperiode
tussen de fase Tlamimilolpa en de fase Xolalpan (ca. 350 v. Chr.). De materialen uit de Tlamimilolpa fase
zijn bescheidener dan deze uit de latere Xolalpan fase wat duidt op een geleidelijke vooruitgang in de
levenskwaliteit van de bewoners. De residentiële complexen van Teotihuacan zijn een rijke bron van
informatie betreffende de evolutie en de sociale samenstelling van de metropool, evenals over het dagelijks
leven van zijn inwoners. De bouw van de grote binnenplaats in het begin van de Xolalpan fase getuigt van
een verhoogde economische groei. Dit is vermoedelijk het gevolg van de ontwikkeling van de ambachtelijke
activiteiten die in dit complex plaats vonden en de daaruit voorkomende inkomsten in het bijzonder uit het
maken van de rijke kostuums en ornamenten voor de elite (Fig. 3).
Fig.3. Configuratie van een residentieel complex in Teotihuacan als voorbeeld voor de schikking van
wooncomplexen zoals deze van Xolalpan (naast Teopancazco) en Teopancazco.
(Gebaseerd op Linné, 1934.) Illustratie M. Beckmann. Uit: Arqueología Mexicana XI (64):52
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Het complex werd voor het eerst uitgegraven door Leopoldo Batres in 1884, die een patio en enkele
kamers met muurschilderingen ontdekte. De muren van deze kamers waren versierd met een rijke
polychromie in ware Teotihuacan stijl. Sommige tonen processies van priesters die hun ambt uitvoeren aan
altaren. Verschillende ervan werden grafisch vast gelegd door Adela Breton (Fig. 4).
Fig. 4. Tekening van een muurschildering uit Teopancazco door A. Breton.
Uit: Arqueología Mexicana XI (64):50
Een interdisciplinair onderzoek
Linda Manzanilla en haar team begonnen hun onderzoek in oktober 1997. Sindsdien verliepen er meer
dan tien seizoenen van veldonderzoek. Uitgebreide opgravingen besloegen het hele gebied. Uiteenlopende
disciplines werden gebruikt ter ondersteuning van het archeologisch onderzoek. De belangrijkste doelstelling
van het project in Teopancazco is de levensstijl van de elite van Teotihuacan te onderzoeken, op basis van
de studie van de activiteiten die in hun huizen plaats vonden.
Om de lokale flora te begrijpen werden technieken zoals chemische analyses van de vloeren, van het
pleisterwerk en van het stuifmeel en de zaden van planten toegepast . De plaatsen waar de opgegraven
materialen zoals aardewerk, steen (voornamelijk obsidiaan en leisteen), gebeente, schelp, enz. gevonden
zijn, werden op distributiekaarten opgenomen. Een relevant aspect van het project was de toepassing van
dateringstechnieken op materialen die in de zones van ambachtelijke activiteit gevonden werden, vooral
deze op basis van C14-datering, archaeomagnetisme, hydratering van obsidiaan, thermoluminescence en
collageenresidu. In specifieke delen van dit geheel werd ook radaronderzoek toegepast, en de verkregen
gegevens werden op een holistische manier geïntegreerd. Op basis hiervan werd de anatomie van een
complexe Teotihuacan-wijk van hogere middenklasse uit de 4de, 5de en de 6de eeuw n. Chr. samengesteld.
Tevens werd het potentieel van deze methodologie bevestigd voor verder gebruik bij de evaluatie van
verschillende vormen van levensstijlen uit het verleden.
Afkomst van de vroegere bewoners van de Teopancazco wijk
Om de morfologie, de pathologie, de culturele praktijken en het milieu waarin de Teotihuacano’s zich
ontwikkelden te kunnen bepalen, werden er studies van fysische antropologie, paleovoeding en analysen
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met strontiumisotopen op beenderen afkomstig uit meer dan 40 van de 117 ontdekte begraafplaatsen in
Teopancazco uitgevoerd. Genetische studies maakten het mogelijk om de verwantschapbanden tussen
migrerende individuen te bestuderen. Daaruit bleek dat slechts een deel van de bewoners kenmerken
vertoonde die hen als inheems in Teotihuacan kon identificeren. Een belangrijke bevolkingsgroep was
samengesteld uit migranten van de kust van de Golf van Mexico, nu Veracruz. Zij leefden in de Stad van de
Goden tussen 150 en 600 n. Chr. De onderzoekers konden ook de afkomst van andere segmenten van de
bevolking aantonen, namelijk uit regio’s zoals Oaxaca en Michoacán. De oorsprong van de bewoners van
dit gebied (vandaag San Sebastián Xolalopan) werd ook afgeleid uit de begraafpraktijken. De Teotihuacano’s
begroeven hun doden meestal onder de vloer van hun huizen. In Teopancazco werden echter ook
ongebruikelijke begraafpatronen gevonden, namelijk van mannelijke individuen die onthoofd en geplaatst
werden in gesloten urnen bedekt met cinnaber. Dit soort ritueel is alleen bekend van de archeologische
vondsten in Cerro de las Mesas, Veracruz. Dit bevestigt het multi-etnische karakter van deze grote
precolumbiaanse stad.
Een ambachtelijk center
De bevolking in de rand van de oude Stad van de Goden was samengesteld uit gewone mensen, die zich
bezig hielden met ambachtelijke activiteiten zoals pottenbakkerij, kleermakerij, pleisterwerk en het houwen
en slijpen van, onder andere, obsidiaan en leisteen. Hier kwamen de heersende elite, machtige geslachten
en adellijke huizen uit de stad hun producten aanschaffen. Waarschijnlijk heeft Teopancazco gediend als
een onafhankelijke ambachtelijk centrum gewijd aan de productie van kleding voor deze elite. De materiële
resten die in de site gevonden werden, zoals naalden uit been voor het naaien van katoenen stoffen,
instrumenten voor de bewerking van leer en huiden, priemen, knopen van schelp en keramiek, kleurstoffen
voor stoffen, veren en bont voor het borduur- of naaiwerk, stempels en vooral de overblijfsels van vele
soorten dieren en schelpdieren (leder, haar, veren, huiden, allerlei soorten schelpen, schilden van schildpadden
en gordeldieren, huiden van krokodillen, enz.), zijn hiervoor het bewijs.
Door de vergelijking van de resultaten van de chemische analyses op organische en minerale stoffen uit
miniatuur vazen of uit flesjes, met de informatie afkomstig uit de historische bronnen van de 16e eeuw, kan
men afleiden dat de precolumbiaanse elites cosmetica gebruikten.
De materialen waren afkomstig uit zowel de directe omgeving van de stad, als vanuit de kusten van de Golf
van Mexico, de Stille Oceaan en het Caribische gebied. Al deze stoffen werden gebruikt voor de kostuums
en hoofdtooien die in dit centrum vervaardigd werden. De muurschilderingen en de keramische beeldjes
met voorstellingen van ouderen, vrouwen, balspelers en soldaten die in Teopancazco gevonden werden,
tonen hiervan enkele voorbeelden. Bovendien, kan men nu verklaren hoe sommige hoofdtooien en
kledingstukken gemaakt werden. Dit is het geval voor de met katoen gevulde harnassen, of de met veren
geweven kledingstukken. Grondstoffen zoals katoen kwamen waarschijnlijk uit de streek van wat nu
Veracruz is. De vervaardiging van de katoenen ‘mantas’ of dekens die voor de kleding van de edelen
bestemd waren was het werk van wevers uit andere gebieden. Blijkbaar werden deze wijken door edelen
bestuurd, die het komen en gaan van karavanen van kooplieden controleerden.
Op de noordwestelijke hoek van de grootste binnenplaats van Teopancazco werden talrijke fragmenten
van vaatwerk, offerbranders, polychrome vazen en schalen, objecten van leisteen, mica, obsidiaan, schelp
en groene steen gevonden. Zij leveren het materieel bewijs van een ritueel dat uitgevoerd werd aan het
einde of bij de voltooiing van een tijdsperiode. Deze rituelen werden gekenmerkt door de opzettelijke
vernietiging van gebruiksvoorwerpen. Een voorbeeld hiervan is een polychrome schaal met een complexe
mythische scène waarop een slang met katachtige trekken een vogel gevangen heeft. Uit de muil van de
slang vloeit een bloedstroom. Deze schaal dateert uit 350 n. Chr. (Fig.5).
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Fig. 5. Polychrome schaal uit Teopancazco.
Tekening: F. Botas. Foto’s: M. A. Pacheco Uit: Arqueología Mexicana XI (64):53
Conclusie
“De heterogeniteit en complexiteit, alsook de belangrijke rol van Teotihuacan in de productie en het verkeer
van goederen, vormen voor de onderzoekers een intellectuele uitdaging. Teotihuacan was de hoofdstad
van een staat met een corporatieve strategie, die een complex netwerk van sociale en etnische groepen
omvatte, verbonden door gemeenschappelijke religieuze en economische activiteiten. Het was een
strategische nederzetting rijk aan grondstoffen zoals obsidiaan. Ten slotte, bood Teotihuacan een uniek
scenario dat model stond voor de Mesoamerikaanse kosmos en werd ook als een plaats voor bedevaart
beschouwd. In deze site blijft nog veel te ontdekken dat ons moet toelaten deze beschaving beter te
begrijpen”, concludeerde Linda Manzanilla.
Samenstelling en vertaling: Julia Montoya
Bibliografie:
Manzanilla, Linda. 2003
Teopancazco: un conjunto residencial teotihuacano. Arqueología Mexicana XI (64): 50-53.
Teotihuacan, guía visual. 2008
Arqueología Mexicana, edición especial (28): 73-80.
Internet.
Instituto Nacional de Antropología e Historia, México. <http://www.inah.gob.mx/index.php/boletines/
2-actividades-academicas/5335>
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TIJDSCHRIFT - Nr 4 - 2011
AANKONDIGINGEN
The Inca Trail
Barbier-Mueller Pre-Columbian Art Museum
Barcelona
The Past of the Andes
The exhibition focuses particularly on two moments in the pre-Columbian history of the Andes: a
section devoted to Inca culture with many outstanding objects that testify to the importance of Inca
civilisation, whilst another section narrates the history of the Andes through exhibits from the earlier
pre-Inca cultures that settled in this mountain region.
The Andes region contains a huge diversity of ecosystems. The impressive Andean range has helped
to generate a wealth of different landscapes, from coastal deserts to mountains that soar up to 6,000
metres above sea level. Indeed, altitude is the great differentiating factor between this and neighbouring
territories, but certain sea currents and varying soil composition have also contributed to this enormous environmental diversity.
Human groups have settled in the Andes region since approximately 3000 B.C., establishing different
cultures there. In the 15th century A.D., the area flourished thanks to the emergence of the Inca
Empire, which was ended by foreign conquest in 1532.
Amongst the most surprising creations of this Empire is the Qapaq Ñan, or Inca Trail, a network of
paths that covered a huge area, from what is now southern Colombia to northwest Argentina and
central Chile, including Ecuador, Peru and Bolivia. The remains of this trail can still be seen today, and
it is still possible to walk along of the paths.
The Qapaq Ñan was built up from existing paths that the Incas extended, paved and dotted with
tambos, inns, as well as establishing administrative centres along them. At a certain point, the path
divided into two, with one route stretching along the coast, the other continuing into the inland reaches.
The two were connected by cross-paths and secondary trails leading to small centres of population.
Exhibition The Inca Trail. June 2011 - December 2012
Information and reservations: [email protected]
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TIJDSCHRIFT - Nr 4 - 2011
PROGRAMMA***
2012
Voorjaar
Zaterdag 28 januari
Jaarlijks etentje van de leden van het Instituut voor Amerikanistiek
***
Zondag 25 maart
Algemene Jaarlijkse Ledenvergadering gevolgd door de lezing
“Landverhuizers voor koffie : België en Brazilië (1820-1860)”
Door Prof. John Everaert
***
Zondag 6 mei
Lezing door Mevr. Marita de Sterck
“De kracht van groeirituelen en initiatieverhalen ”
***
Zondag 24 juni
Lezing door Dhr. Edward de Bock
“Geweven kracht: de sacrale rol van textiel in de Andes”
***
De plaats en het tijdstip van de activiteiten worden in de uitnodigingen en op
de website vermeld.
www.amerikanistiek.org
LIDGELD 2012
Onze leden worden vriendelijk verzocht hun jaarlikse bijdrage van 35 euro
te storten op de rekening van het Instituut voor Amerikanistiek
Nr. 320-0227942-62
U kunt ook steunend lid van onze vereniging worden door het storten van
50 euro of meer. Doe uw betaling liefst nog in de maand januari en met
bijgevoegd overschrijvingsformulier.
Hartelijk dank.
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